Malte

Tout commença le 5 juin 2006. Je suis en route pour l’aéroport et je m’apprête à m’envoler vers le sud direction Malte. C’est à la tombée de la nuit que j’arrive sur cette petite île méditerranéenne, coincée entre la Sicile et la Libye, et située au carrefour de toutes les routes maritimes commerciales de la mer méditerranée. Et oui, malgré ses 360 Km² et ses 400 000 habitants, Malte possède la 4ème flotte maritime mondiale.

Mais ce n’est pas là sa seule ressource. En effet, le tourisme est la principale activité commerciale du pays. Et tout ceci se comprend. A mon arrivée, j’ai été émerveillé par la beauté du paysage environnant. C’est un pays où il fait toujours beau, la mer est d’un bleu limpide lorsque les rayons du soleil tapent de toute leur force et la flore environnante, essentiellement composée de cactus, de plantes grasses et d’oliviers, vous donne l’impression de vivre un rêve.

 

Dès mon arrivée, j’ai pu constater l’accueil chaleureux des maltais. La population locale véritablement ouverte aux touristes et aux nouveaux venus. Ils aiment parler de leur île, de leur culture et de leur histoire. Ils n’hésitent pas à faire découvrir leur pays et sont toujours présents pour vous renseigner en cas de besoin.

Cette population, de type méditerranéenne, est restée très catholique. En effet, 97% de la population est catholique et il est de l’usage d’aller à la messe tous les dimanches. Les églises sont aussi nombreuses que les épines le sont sur un cactus. Il y a plus de 5000 églises, cathédrales ou co-cathédrales sur l’ensemble de l’île.

 

Les maltais parlent tous plusieurs langues. Depuis la colonisation anglo-saxonne, la langue officielle du pays est l’anglais mais la proximité de l’Italie a fait que le pays s’est imprégné de cette culture et donc la quasi totalité des habitants parlent également l’italien. Mais leur langue maternelle reste bien sur la maltais, qui est redevenus la 2ème langue officielle de pays. C’est une langue assez étrange, mélangant essentiellement l’arabe, l’italien et quelques mots de français. Ceci est dû à la culture maltaise, qui est assez particulière. Durant sont histoire, l’île à connu de nombreuses invasions, notamment des arabes, des anglais, en passant par les italiens et les français. C’est un pays qui a connu de nombreuses guerres, à cause de sa position stratégique en méditerranée, en plein croisement de toutes les routes maritimes. Néanmoins, l’anglais maltais reste assez atypique. Leur accent est un peu spécial, avec les « r » qui sont roulés et les « j » qui sont prononcés à l’espagnol. Malgré tout, il reste compréhensible.

 

La monnaie locale est la livre maltaise (Lm - elle existait du temps de mon voyage mais elle a été remplacée par l'Euro en 2008) qui est estampillée de leurs symboles qui sont notamment le faucon maltais et la croix de malte, symbole de l’ancien ordre des templier. Une livre maltaise équivaut à environ 2,23 euros.

 

Une fois sur place, il a fallut que je trouve un logement et ce n’est pas chose facile à cette période de l’année car l’île étant très touristique, la majorité des appartements sont déjà tous loués. Effectivement, durant l’été, les touristes affluent par centaines de milliers. La population voit son nombre multiplié par 3 en pleine saison. Et on peut rencontrer absolument toutes les nationalités. J’ai rencontré des brésiliens, des polonais, des danois, des russes, des portos ricains, des argentins, des espagnols, … Mais la majorité des étrangers sont les anglais, les allemands et les français.

Mais malgré tout cela, j’ai réussi à trouver un appartement typiquement maltais, situé en plein cœur de Sliema, non loin de Valetta la capitale. Ce qui m’a sauté aux yeux en entrant dans cette maison c’est l’omni présence de la religion. La vierge est représentée partout et des crucifix sont accrochés aux murs de chaque pièce. L’avantage des maisons maltaises est qu’elles sont conçues pour garder au maximum la fraîcheur et c’est bien agréable, surtout lorsque le thermomètre dépasse les 40° !

 

Une fois installé, j’ai pu commencer ma prospection pour trouver une entreprise et ce n’est pas chose facile à Malte ! D’abord, la majorité des entreprises du pays travaillent dans le secteur du tourisme donc on va trouver essentiellement des hôtels, des restaurants ou des cafés. De plus, il y a énormément de travailleurs qui viennent des pays de l’est et qui sont une main d’œuvre docile et bon marché pour les employeurs locaux. Ensuite, pour travailler à Malte, il faut un permis de travail qui coûte 60 euros et qui met trois semaines à être délivré. Il faut tout de même savoir que le travail au noir, à Malte, est une chose tout à fait banale et qu’il est pratiqué par une majorité d’entreprise.

Le salaire moyen est relativement bas à Malte (environ 500 ou 600 euros) ce qui oblige ses habitants à, bien souvent, cumuler deux emploies. J’ai par exemple connu un maltais qui travaillait sur un ferry et qui en plus était chauffeur de taxi, et cela toute l’année.

Malgré toutes ces difficultés, j’ai tout de même trouvé un stage dans un hôtel de Sliema, appelé l’Europa.

 

Mon arrivée dans l’entreprise s’est très bien passée. Tout le monde, que se soit le patron, les responsables ou les employés, ont été très accueillants. C’est plutôt mon premier jour au sein de l’entreprise qui m’a un peut dérouté.  L’organisation maltaise est plutôt spéciale, en tout cas en ce qui concerne mon secteur. Je n’ai pas été formé par mon responsable mais j’ai dû apprendre sur le tas, ou en posant des questions à mes collègues de travail. De plus la gestion des stocks est plutôt aléatoire. Ils renouvellent leurs stocks qu’une fois que ceux-ci sont en ruptures.

En règle générale, les maltais ne sont pas stressés au travail. La seul chose que m’a dit mon patron c’est « Prends ton temps, les clients vont attendre ! ». De plus, si vous vous asseyez à une terrasse de café, vous allez attendre longtemps avant d’être servi ! Bien souvent, il faut directement commander au comptoir.

Un autre exemple qui m’a marqué, c’est que lorsque je suis aller manger au restaurant, la plupart du temps j’au eu droit à une belle nappe en papier, voire pas de nappe du tout. La qualité de service n’est pas toujours au rendez-vous.

Mais il faut se rassurer car les spécialités culinaires maltaises ne sont pas mauvaises du tout. Le plat typique est le lapin, cuisiné à la sauce maltaise. On trouve également beaucoup de pâtes et de pizzas, à cause de l’influence italienne et le poisson est également bien présent dans les menus, quoique un peu chère. Par contre si vous cherchez un bon vin, vous allez être déçu. Le vignoble maltais n’est pas comparable à ceux que l’on trouve en France, même si certains ne sont pas trop mauvais.

 

Tout au long de mon stage, j’ai pu m’imprégner de la culture maltaise et j’ai pu, en parlant avec les habitants, mieux connaître leurs habitudes. Pour la majorité, les maltais aiment leur îles mais ils s’y sentent à l’étroit. Beaucoup d’entre eux ont voyagé dans plusieurs pays et les jeunes envisagent bien souvent de quitter leur terre natale, pour quelques années au moins. Ils sont ouverts sur le monde extérieur et ils savent que tout ne se résume pas à leur île.

La culture italienne est aussi très forte dans le pays. Les maltais captent les chaînes italiennes et ils le parlent couramment. Lors de la coupe du monde 2006, je me suis senti un peu seul lors de la finale. Pour illustrer, j’étais dans un bar où 80% des clients étaient pour l’Italie et le reste était quelques expatriés comme moi, qui se serrions les coudes. Mais tout s’est bien terminé pour nous…

 

Malte possède quelques produits locaux que l’on ne trouve qu’ici. Par exemple, j’ai pu voir dans tous les distributeurs de cannettes ou dans n’importe quel bar, la boisson Kinnie. C’est un soft drink à l’orange amer et aux herbes qui fait fureur là-bas. Les maltais en boivent sans arrêt et soit dit en passant, je ne comprends pas pourquoi… Mais l’on trouve également d’autres spécialités. Depuis la colonisation anglaise, les maltais ont appris l’art d’utiliser le houblon pour fabriquer de la bière. On trouve essentiellement deux bières locales. Il y a tout d’abord la Cisk (prononcée chisk) qui est la plus répandue et la plus vendue. On en trouve uniquement à malte et dans quelques bars hollandais. Ensuite il y a la 1565. Cette bière à été créer pour fêter la victoire des maltais contre l’invasion turque de la même année.

On peut aussi trouver de la liqueur de figue de barbarie, spécialité locale faite avec le fruit d’un cactus qui pousse partout sur l’île.

 

Pour me déplacer de mon lieu de stage à mon appartement, j’ai bien évidemment dû emprunter les transports en commun. Mais attention, à Malte il n’y a que le bus de disponible. La dernière voie de chemin de fer a fermée en 1936. Mais les bus qui sont en circulation doivent probablement dater de la même époque ! Se sont de vieux bus jaune et blanc dont la sonnette s’actionne de manière manuelle avec une cloche. Les chauffeurs conduisent régulièrement pieds nues et d’une manière brutale et pas rassurante. Montée d’adrénaline et dépaysement garantie ! De manière générale, les maltais au volant sont particulièrement « spectaculaire ». Même si ils roulent à gauche, les sens de circulation ne servent pas réellement car les chauffeurs prennent toujours la corde et le dépassement en virage ou en ligne blanche est un sport national.

 

Durant mes week-ends, j’ai pu visiter l’île et voir ces plus beaux endroits. Il y a beaucoup d’églises à visiter et beaucoup de point de vue magnifique. L’endroit le plus joli du pays est sans hésiter la petite île de Gozo juste au nord de Malte. On y accède en ferry assez facilement par une ligne régulière. Gozo a été plus ou moins préservée de la fièvre constructrice maltaise. La flore est plus développée que sur Malte et une grande partie de l’île est restée à l’état sauvage.

 

En ce qui concerne les plages maltaises, il y en a tout autour de l’île mais malheureusement, elles sont quasiment toutes en roche. Il est possible de trouver quelques plages de sable mais celle-ci sont toutes artificielles, sauf une sur Gozo.

 

Et voilà, je m’approche maintenant de la fin de mon stage. J’en tire un bilan positif, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Cette aventure m’a vraiment était très enrichissante et je n’oublierai pas ces deux mois passés là-bas.

J’ai découvert le milieu du tourisme et de l’hôtellerie et j’ai rencontré plein de personnes qui m’ont fait partager leur culture et leur point de vue sur la vie. J’ai pu réellement ouvrir mon esprit aux autres et partager des moments inoubliables avec eux. Et peut-être qu’un jour j’y retournerai…

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